Tout savoir sur le diagnostic de la maladie d’Alzheimer

A l’heure où l’on discute de l’intérêt d’un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer (voir article précédent: Pour ou contre le diagnostic précoce?) faisons le point sur le déroulement du diagnostic en tant que tel. Qui est concerné ? De quoi s’agit-il ? Comment et pourquoi établir un tel diagnostic ?

Qui est concerné par le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer ?

La Haute Autorité de la Santé recommande un diagnostic précoce en cas de troubles de la mémoire:

  • Aux personnes se plaignant de ressentir une modification récente de leur cognition (mental) ou de leur état psychique.
  • Aux personnes dont l’entourage remarque l’apparition ou l’aggravation de troubles cognitifs, à savoir: une détérioration du processus mental de la mémoire, du jugement, de la compréhension et du raisonnement.
  • Aux personnes sujettes à des changements non expliqués dans leur comportement.
  • Aux patients hospitalisés après des chutes non expliquées, souffrant de syndrome confusionnel, à la suite d’un Accident Vasculaire-Cérébral (AVC).
  • Aux personnes à leur entrée en établissement, ou pendant la durée de leur séjour lorsqu’elles présentent des troubles de la mémoire et de l’orientation.

Qui peut poser le diagnostic de la maladie d’Alzheimer ?

Le diagnostic est établi par le neurologue, le gériatre ou le psychiatre en binôme avec le médecin traitant. Il se déroule en plusieurs étapes, constituées de:

  • Un entretien personnalisé avec le patient. Il s’agit d’évaluer les pertes de mémoire, les changements de comportement et l’impact de ces troubles sur le quotidien: comment la personne parvient à effectuer les gestes essentiels de la vie, utiliser des transports, le téléphone, gérer son compte et ses factures…
  • La recherche d’antécédents familiaux de la maladie d’Alzheimer, de facteurs de risque cérébro-vasculaire, d’antécédent psychiatrique, traumatique, de prise de médicament, d’alcool ou toxique, de syndromes confusionnels.
  • Un examen clinique approfondi: Il porte sur l’état général et cardio-vasculaire, la recherche de déficits sensoriels, visuels, auditifs, moteurs, le degré de vigilance.
  • Des tests de mémoire afin d’évaluer les facultés de la personne à se souvenir par exemple de 5 mots consécutifs, à se situer dans le temps (test de l’horloge) et dans l’espace.

Le mini mental state examination MMS est le test reconnu permettant de diagnostiquer un patient Alzheimer, il porte sur 30 questions et conduit à:

  • L’évaluation des capacités d’orientation, d’apprentissage, de transcription des informations, d’attention et de calcul , la faculté à retenir une information.
  • Des capacités de langage, d’élocution et d’identification
  • De praxie constructive, à savoir la capacité d’organiser une série de mouvements visant un but précis et déterminé.

À chacune des trente questions, une réponse juste entraîne un score de 1 et une réponse fausse ou approximative, un score de 0. Le score final est noté sur 30 points. Il est modulé et pondéré en fonction d’une grille de points correspondants à l’origine socio-culturelle de la personne, son niveau d’étude et à la durée totale de l’examen.En dessous de 24, on évoque un « état de conscience altéré », avec une orientation possible vers la démence.

Le type de démence peut être précisé : les troubles mnésiques orientent davantage sur le diagnostic de démence type Alzheimer, alors que les troubles de l’attention orientent sur le diagnostic d’une démence sous corticale, un syndrome frontal ou une démence vasculaire.

  • Des examens paracliniques sont alors pratiqués; Il s’agit d’analyses biologiques, d’un IRM et d’un électroencéphalogramme.

A la suite de tous ces examens, le diagnostic peut être alors posé. Il doit faire l’objet, selon les recommandations de la HAS, d’une consultation longue et dédiée au patient, en respectant les règles de confidentialité et en s’adaptant à son rythme d’appropriation.

Un plan d’aide et de soins est alors aussitôt mis en place. Il prévoit:

  • Un traitement médicamenteux adapté
  • Une prise en charge psychologique, orthophonique (si problème de langage) et de stimulation cognitive (ateliers mémoire et stimulation multisensorielle)
  • Une information sans cesse renouvelée et actualisée en fonction de l’évolution de l’état de santé, évaluée lors de chaque rendez-vous médical.
  • Une évaluation sociale et juridique afin de permettre, si besoin, la mise en place de mesures visant à protéger le patient.

Toutes ces mesures portent bien évidemment sur l’amélioration de la qualité de vie du malade Alzheimer, afin de ralentir sa perte d’autonomie et de faciliter également le quotidien de l’aidant par le biais d’association de soutien tel que France-Alzheimer: 0 811 112 112

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