Tracy, Dakar, Upton et Virgule, des chiens aides soignants

La maison de retraite La Roselière, à Kunheim, dans le Haut-Rhin, a innové en mettant en place une méthode audacieuse sur le marché des établissements d’hébergement pour personnes âgées.

Quatre aides-soignants des plus exceptionnels ont été embauchés pour un contrat à durée indéterminée. Ils se prénomment Tracy, Dakar, Upton et Virgule, ils ne parlent pas avec les pensionnaires, mais pourtant ils sont ceux qui communiquent le mieux avec eux. Leur secret : ce sont des chiens, les amis des hommes.

Dans ce cas précis, ce n’est pas peu dire. Nos trois labradors et notre retriever sont littéralement adulés par les pensionnaires de la résidence. Ils sont heureux comme tout en leur présence et attendent désespérément le moment où les quatre « stars » franchiront le seuil de l’espace où ils se trouvent.

La thérapie par l’animal est une méthode vieille de plusieurs dizaines d’années, qui a déjà fait ses preuves à maintes reprises. Cette thérapie est un véritable succès car la personne âgée apprécie le fait de ne pas être jugée, et de ne pas avoir à justifier ses positions, et ses décisions, qui sont, la plupart du temps, critiquées ou controversées.

Mr Robert Kohler, directeur de la maison de retraite La Roselière, a constaté les bienfaits apportés par les rencontres animaux/personnes âgées et a voulu faire de ces rencontres une partie du quotidien des résidents. « L’animal vient pallier les nombreux manques affectifs, sociaux, en milieu institutionnel. Il fournit une sorte de communication non verbale qui rassure et réconforte. Les animaux procurent de l’amour et de l’affection, sans condition et sans jugement ».

Aussi, Mr Kohler s’est assuré que les chiens reçoivent une formation des plus poussées, tout d’abord en maison d’accueil, puis ensuite en centre spécialisé, afin de ne courir aucun risque et de n’exposer les personnes âgées à aucun danger.

Ces quatre bêtes n’aboient pas, de façon à ne pas effrayer les pensionnaires. Elles ne sautent pas non plus sur les résidents, pour la même raison.

Les chiens étaient également destinés à être en contact avec des malades souffrant de la pathologie d’Alzheimer ou autres troubles apparentés. Ces personnes éprouvent encore plus de difficulté à créer un lien, quel qu’il soit avec le reste des pensionnaires ou les membres du personnel. Depuis la présence de ces bêtes, l’échange et la communication se fait avec beaucoup plus de simplicité et facilité. Mme Christelle Wolff, une des deux aides médico-psychologiques de la résidence La Roselière, déclare « Depuis que je travaille avec eux (les chiens), je vois la différence. Les résidents, grâce à la médiation de l’animal, engagent des conversations entre eux. Cela crée du lien. Quand les résidents ont passé une mauvaise nuit, ou qu’ils sont angoissés, on peut leur laisser un chien pendant trois quarts d’heure. Cela les apaise. » La deuxième aide médico-psychologique, Mme Camille Marchall, souligne également le fait que les tâches sont facilitées grâce à leurs collègues à quatre pattes « Je faisais les bains avec Dakar, et une personne qui veut toujours sortir de l’eau est restée paisible grâce à lui. C’était un moment magique ».

Mr Robert Kohler, directeur de la maison de retraite, se félicite de cette initiative et encourage vivement ses confrères à faire de même. Il est vrai que lorsqu’on est le premier à initier un projet, on risque gros, va-t-il marcher, va-t-il plaire, va-t-il durer ? Mr Kohler peut aujourd’hui affirmer haut et fort que son projet a marché, qu’il a plu, et qu’il va durer aussi longtemps que sa résidence. « En acceptant un animal, on montre la capacité d’ouverture des établissements aux droits sociaux et culturels des personnes âgées. C’est une population fragilisée à qui on doit beaucoup plus que les autres, alors qu’on a tendance à les écarter. »

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