Pourquoi s’adresser à un conseiller en gérontologie pour trouver un EHPAD Alzheimer?

Edith est conseillère en gérontologie pour l’organisme Retraite Plus. Depuis 5 ans, elle a dû gérer personnellement des milliers de demandes d’entrée en maison de retraite. Loin de les considérer comme de simples dossiers administratifs, la conseillère en gérontologie a su chaque fois apporter l’écoute nécessaire pour comprendre chaque famille, chaque cas et trouver dans les meilleurs délais une solution adaptée aux besoins du patient Alzheimer et de sa famille. Voici son témoignage et ses conseils.

Qui en général vous contacte pour une demande d’entrée en maison de retraite ? Les enfants, le conjoint, ou quelqu’un d’autre?


« Le plus souvent ce sont les enfants qui nous contactent, désemparés, n’arrivant plus à s’occuper convenablement d’un parent devenu dépendant de soins et d’attentions constants. Ils sont toujours très attachés à leur père et leur mère et veulent les maintenir le plus longtemps possible à domicile, conformément à leurs  souhaits personnels. Hélas, ils ne peuvent plus,  malgré toute leur bonne volonté, être en permanence à leurs  côtés. Malgré la présence d’une aide-ménagère, d’une infirmière, chaque nuit leur parent se retrouve seul et court un danger certain. La moindre chute peut être fatale, comment pourrait-il s’en sortir ? C’est ainsi que se pose la question de l’entrée en maison de retraite spécialisée Alzheimer.

A quel stade de la maladie d’Alzheimer vous contacte-t-on ? Quelle est alors votre démarche ?


Après les avoir longuement écoutés, car il peut y avoir des points de vue différents au sein d’une même famille, certains sont réticents, culpabilisent, préféreraient une garde alternée chez chacun des enfants. Or, ce qu’il faut à tout prix éviter chez un malade Alzheimer c’est le changement d’habitude, la perte de repères. Il a besoin à tout prix d’une grande stabilité. Ces ruptures ne sont pas seulement perturbantes pour le patient, elles accélèrent sa dégradation. Le maintien à un domicile fixe, et non chez les uns et les autres, est tout à fait préférable. Lorsque celui-ci n’est plus possible et que la famille et l’intéressé sont d’accord pour un placement en établissement,  tout est aussitôt mis en œuvre pour trouver dans les meilleurs délais une maison de retraite correspondant à leurs besoins: Budget, confort, proximité. Et ce, quel que soit le stade, léger, modéré ou sévère de la maladie. Ceux qui arrivent à un stade léger ou modéré ont, de fait, davantage de chances de s’adapter dans de bonnes conditions car ils sont encore conscients et capables d’intégrer la maison et de se créer des repères.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants Alzheimer au jour le jour puis les obstacles à l’entrée en maison de retraite Alzheimer?


Parfois les choses sont compliquées, car malgré la perte d’autonomie du parent, celui-ci refuse l’entrée en établissement. Les enfants, ou le conjoint qui est à bout et ne peut plus faire face, se retrouvent déchirés ; il y a d’un côté la volonté de respecter le choix du patient Alzheimer et de l’autre une très dure réalité. Lorsqu’il s’agit des enfants, ils sont partagés entre leur propre vie professionnelle et  familiale et la charge immense que représente un parent malade. Certains sont non seulement au bout du rouleau mais leur couple est en danger, leurs enfants négligés…La situation est, pour tous, invivable. Le conjoint perd pied, sa santé devient elle aussi défaillante. Il faut réagir très vite. La seule alternative est alors la mise sous protection juridique  du patient, et ce n’est qu’une fois celle-ci  obtenue que le placement peut être effectué.

Les demandes portent-elles sur des maisons de retraite spécialisées Alzheimer?


L’immense majorité des malades Alzheimer est hébergée dans des maisons de retraite médicalisées, des Ehpad, ne disposant pas forcément d’unité de vie Alzheimer. Car ces unités protégées disposent de peu de lits et sont réservées à des patients qui doivent rester dans un secteur sécurisé, soit en raison de comportements agressifs, ce qui gênerait l’ensemble des autres résidents, soit pour leur propre sécurité (agressivité, agitation, fugues).Tous les autres, soit près de 80% des cas, peuvent intégrer une maison de retraite médicalisée classique.

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