Maison de retraite – Et si on mangeait avec les mains ?

La personne atteinte de la pathologie d’Alzheimer connaît une dégradation générale de son état de santé dès l’apparition de la maladie. Même si le problème provient du cerveau, tout le corps en subit les conséquences. Ainsi, le malade perd l’usage de la parole, de la réflexion, mais n’arrive également pas à se déplacer correctement et avec aisance. En bref, tous les gestes qu’il accomplissait avec beaucoup de facilité au jour le jour, lui paraissent, à présent, un obstacle infranchissable.

Même l’heure des repas devient un véritable supplice. En effet, la personne avait beau être un bon mangeur, un gourmand invétéré, eh bien maintenant il refuse de se mettre à table, boude son assiette. Il ne veut tout simplement pas s’alimenter. Pourquoi cela ?

Le malade Alzheimer se rend compte à différents moments de la journée qu’il n’est plus la même personne autonome et valide. Il n’arrive plus à converser avec les autres, à exprimer son opinion clairement, à se mouvoir sans obtenir d’aide. Le moment du repas est également un des moments pendant lequel la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer se sent minimisée par rapport aux autres, et particulièrement en maisons de retraite. En effet, les personnes n’arrivent plus à saisir leurs couverts, ne savent plus à quoi sert la fourchette ou le verre, ainsi, elles nécessitent une assistante permanente du début à la fin du repas. Une infirmière leur donne à manger en portant la cuillère à leur bouche, mais même ce mode de fonctionnement a ses limites.

Aussi gentilles et agréables soient-elles, les aides-soignantes peuvent nourrir mais elles ne savent pas à quel moment s’arrêter, à quel moment la personne n’a plus faim, à quel moment elle veut boire… Et pour peu que la personne soit à un stade avancé de la maladie d’Alzheimer, elle n’arrivera pas à exprimer ses besoins et sera donc soumise au rythme et au bon vouloir de son accompagnant. Alors me direz-vous qui a envie d’une vie pareille ?

En particulier, le repas, doit être un moment agréable à partager, un instant d’échange, de calme, de convivialité. C’est l’unique moment où tous les pensionnaires sont réunis à la même heure dans la même pièce. Les autres moments sont les animations, mais elles sont ponctuelles et non obligatoires. Ainsi, si une personne ne souhaite pas y participer, elle a la possibilité de se retrancher.

Il fallait donc urgemment trouver une solution pour rendre le repas, de nouveau, agréable, pour ces pauvres personnes. Puis, une idée, un éclair, comme une évidence est apparue ! Le « food-finger ». En français, manger avec les mains.

Les chefs cuisiniers ont donc expérimenté un nouveau mode de cuisson des mêmes menus qu’auparavant, afin de permettre aux personnes qui en ont besoin, de s’alimenter seules, à leur faim, en mangeant avec les doigts. Il s’agit de bouchées mixées, hachées ou gélifiées qui permettent de goûter à tout (depuis l’entrée jusqu’au dessert) sans avoir besoin d’aide et sans se sentir plus dépendantes que ce qu’ils ne sont déjà.

Ces bouchées déjà expérimentées dans certains établissements, font l’unanimité. Les pensionnaires aiment l’idée de retrouver une autonomie, les membres du personnel apprécient de passer entre les tables et créer un vrai lien avec les résidents, grâce au temps économisé depuis qu’ils ne doivent plus nourrir à la cuillère certains d’entre eux, et les cuisiniers sont enchantés car ils gardent exactement la même façon de travailler, les mêmes menus, améliorés pour certains avec une gélatine neutre « agar-agar ».

Seule tâche au tableau : les enfants, qui ne sont pas encore ravis de voir leurs parents retomber en enfance en mangeant avec les mains…

Un commentaire sur “Maison de retraite – Et si on mangeait avec les mains ?”

  1. non merci dit :

    franchement ce serait un peu choquant, et je trouve que la dignité serais un peu perdu.

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