Maison de retraite Alzheimer, l’essentiel c’est l’adaptation !

Prenons l’exemple de Marie, 77 ans, qui se voit obligée de s’installer dans une maison de retraite spécialisée, dans le Maine-et-Loire. Evidemment, ses premières journées se passent entre résignation et pâles sourires. En ouvrant la porte de sa chambre, on découvre le « nouveau royaume » de la nouvelle résidente. Une chambre au bout d’un couloir bleu, dans une unité flambant neuve.

Le placement en EHPAD Alzheimer, une décision douloureuse

Pour elle comme pour ses proches, la décision fut douloureuse : «Je n’ai pas eu le choix». Marie a deux enfants. Impossible cependant d’aller habiter chez sa fille (trop de marches dans sa maison). Quant à son fils, il habite au Canada. « Il voulait m’emmener vivre avec lui mais ce n’était pas possible», explique la nouvelle résidente.
Pendant dix-neuf ans, Marie a habité à Loiré, avec son époux. Il est décédé en mars dernier. « Un jour, je suis tombée. J’étais seule. Et je suis restée par terre une nuit entière. Je me rendais compte que je n’étais plus apte à rester seule. Alors le docteur a préféré que je vienne dans une maison de retraite ». Et tout s’est décidé.
C’est donc à 77 ans qu’elle quitte son domicile pour s’installer dans une maison de retraite spécialisée Alzheimer en Maine-et-Loire. Dans son nouveau « chez soi », aucun détail n’est à négliger. Échanger une belle propriété contre une chambre de 22 m²… forcément, ça bouscule. « Ils n’ont pas voulu que je mette la méridienne dans ma chambre », rouspète-t-elle, faute de place.
Dans la salle à manger des Hortensias, un goûter a été prévu pour l’arrivée de la nouvelle résidente.
« Il faut montrer aux personnes âgées qu’elles sont attendues. Qu’il y a de la vie à la maison de retraite. Il faut dédramatiser l’arrivée », souligne le directeur de l’établissement.

« L’entrée en maison de retraite vient signer l’échec du maintien à domicile »

« Parents et enfants le vivent donc comme un effondrement », constate Thierry Darnaud, thérapeute familial dans une équipe mobile de gériatrie au centre hospitalier d’Alès (Cévennes), et auteur de L’entrée en maison de retraite. Pour gérer ce passage en douceur, un moyen existe, outre-Manche. « Les Anglais pratiquent l’hébergement de répit. La personne âgée peut se rendre dans une maison de retraite pour quelques jours ou juste pour dîner. Des habitudes se créent. La rupture se fait progressivement. Et moins douloureusement », ajoute Thierry Darnaud.
De la salle à manger commune, on aperçoit le balcon de sa chambre. « Vous avez vu mes fleurs, comme elles sont belles ? « Doucement, tout doucement, le déclic s’opère. « Je ne pensais pas pouvoir meubler ma chambre comme ça. Et puis, j’ai toutes mes photos ! Finalement… je me sens un peu chez moi»

Laisser une réponse

Le blog des maisons de retraite Alzheimer
Le numéro de www.maison-de-retraite-alzheimer.fr
photo de maisons de retraite Alzheimer