Drame Alzheimer: Quand le refus d’entrer en établissement entraine deux morts…

Un fait-divers dramatique vient nous rappeler à quel point la maladie d’Alzheimer nécessite plus qu’un accompagnement intensif et personnalisé à domicile, notamment quand le conjoint est au bout du rouleau. Une retraitée de 79 ans vient d’étouffer son mari malade d’Alzheimer avant de se suicider. Les deux corps sans vie ont été retrouvés par l’auxiliaire de soins, alors qu’une entrée dans un centre Alzheimer était prévue pour le 27 Juillet…

Le couple, décrit comme fusionnel par les voisins, vivait paisiblement depuis 40 ans dans ce quartier de Lormont, en région Aquitaine.

Hélas, depuis que monsieur, âgé de 88 ans, souffrait de la maladie d’Alzheimer, madame se plaignait de violences. Pourtant, elle n’acceptait pas que son époux soit placé dans un centre spécialisé. (Source: France 3)

Suivi par un gériatre depuis 2007, qui préconisait le placement en établissement depuis plusieurs années

et assisté par le Centre Communal d’Action Sociale de Lormont, le couple recevait l’aide quotidienne d’une auxiliaire de vie et des soins infirmiers. Une place d’hébergement était réservée et devait accueillir monsieur le 27 Juillet prochain.

Malheureusement, hier, soit quelques jours avant le départ vers ce qui aurait pu devenir une nouvelle vie pour le malade, pris en charge, comme pour son épouse, la retraitée a téléphoné au centre Alzheimer pour signaler un départ en vacances.

Elle a laissé une lettre pour expliquer son désespoir avant de commettre cet acte irréparable.

Après avoir étouffé son mari, elle se serait donné la mort par asphyxie.

Si dans le quartier c’est la stupeur et la tristesse qui dominent, ce drame doit faire réfléchir sur la spécificité de la souffrance entrainée par la maladie d’Alzheimer au quotidien.

Et de là, l’impérieuse nécessité de savoir passer le relais tant qu’il est encore temps.

Lorsque les sentiments de culpabilité, d’impuissance, et le désespoir l’emportent sur la raison, à savoir l’intérêt premier du malade et son droit à être soigné, encadré par des professionnels formés aux thérapeutiques des patients désorientés et souffrant des troubles du comportement, alors c’est qu’il y a une véritable faille dans le plan de suivi personnalisé du malade d’Alzheimer et de son aidant.

Dans ce cas pathétique, ce n’est ni le corps médical, ni les services sociaux qui semblent en cause, mais le poids écrasant d’une maladie neurodégénérative sur des épaules fragilisées et vieillissantes, celles d’une épouse qu’il aurait fallu également traiter.

I.A

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