Archive pour mai 2019

Pourquoi s’adresser à un conseiller en gérontologie pour trouver un EHPAD Alzheimer?

mardi 21 mai 2019

Edith est conseillère en gérontologie pour l’organisme Retraite Plus. Depuis 5 ans, elle a dû gérer personnellement des milliers de demandes d’entrée en maison de retraite. Loin de les considérer comme de simples dossiers administratifs, la conseillère en gérontologie a su chaque fois apporter l’écoute nécessaire pour comprendre chaque famille, chaque cas et trouver dans les meilleurs délais une solution adaptée aux besoins du patient Alzheimer et de sa famille. Voici son témoignage et ses conseils.

Qui en général vous contacte pour une demande d’entrée en maison de retraite ? Les enfants, le conjoint, ou quelqu’un d’autre?


« Le plus souvent ce sont les enfants qui nous contactent, désemparés, n’arrivant plus à s’occuper convenablement d’un parent devenu dépendant de soins et d’attentions constants. Ils sont toujours très attachés à leur père et leur mère et veulent les maintenir le plus longtemps possible à domicile, conformément à leurs  souhaits personnels. Hélas, ils ne peuvent plus,  malgré toute leur bonne volonté, être en permanence à leurs  côtés. Malgré la présence d’une aide-ménagère, d’une infirmière, chaque nuit leur parent se retrouve seul et court un danger certain. La moindre chute peut être fatale, comment pourrait-il s’en sortir ? C’est ainsi que se pose la question de l’entrée en maison de retraite spécialisée Alzheimer.

A quel stade de la maladie d’Alzheimer vous contacte-t-on ? Quelle est alors votre démarche ?


Après les avoir longuement écoutés, car il peut y avoir des points de vue différents au sein d’une même famille, certains sont réticents, culpabilisent, préféreraient une garde alternée chez chacun des enfants. Or, ce qu’il faut à tout prix éviter chez un malade Alzheimer c’est le changement d’habitude, la perte de repères. Il a besoin à tout prix d’une grande stabilité. Ces ruptures ne sont pas seulement perturbantes pour le patient, elles accélèrent sa dégradation. Le maintien à un domicile fixe, et non chez les uns et les autres, est tout à fait préférable. Lorsque celui-ci n’est plus possible et que la famille et l’intéressé sont d’accord pour un placement en établissement,  tout est aussitôt mis en œuvre pour trouver dans les meilleurs délais une maison de retraite correspondant à leurs besoins: Budget, confort, proximité. Et ce, quel que soit le stade, léger, modéré ou sévère de la maladie. Ceux qui arrivent à un stade léger ou modéré ont, de fait, davantage de chances de s’adapter dans de bonnes conditions car ils sont encore conscients et capables d’intégrer la maison et de se créer des repères.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants Alzheimer au jour le jour puis les obstacles à l’entrée en maison de retraite Alzheimer?


Parfois les choses sont compliquées, car malgré la perte d’autonomie du parent, celui-ci refuse l’entrée en établissement. Les enfants, ou le conjoint qui est à bout et ne peut plus faire face, se retrouvent déchirés ; il y a d’un côté la volonté de respecter le choix du patient Alzheimer et de l’autre une très dure réalité. Lorsqu’il s’agit des enfants, ils sont partagés entre leur propre vie professionnelle et  familiale et la charge immense que représente un parent malade. Certains sont non seulement au bout du rouleau mais leur couple est en danger, leurs enfants négligés…La situation est, pour tous, invivable. Le conjoint perd pied, sa santé devient elle aussi défaillante. Il faut réagir très vite. La seule alternative est alors la mise sous protection juridique  du patient, et ce n’est qu’une fois celle-ci  obtenue que le placement peut être effectué.

Les demandes portent-elles sur des maisons de retraite spécialisées Alzheimer?


L’immense majorité des malades Alzheimer est hébergée dans des maisons de retraite médicalisées, des Ehpad, ne disposant pas forcément d’unité de vie Alzheimer. Car ces unités protégées disposent de peu de lits et sont réservées à des patients qui doivent rester dans un secteur sécurisé, soit en raison de comportements agressifs, ce qui gênerait l’ensemble des autres résidents, soit pour leur propre sécurité (agressivité, agitation, fugues).Tous les autres, soit près de 80% des cas, peuvent intégrer une maison de retraite médicalisée classique.

Coordinatrice en maison de retraite Alzheimer, un vrai métier !

mardi 14 mai 2019

Une maison de retraite est une grande famille, où chaque maillon de la chaîne a son importance et est fondamental à l’équilibre de l’équipe. La coordinatrice en maison de retraite est là pour apporter la touche de légèreté dont les résidents ont  besoin pour survivre et surtout pour sourire.

Apporter du bien-être aux résidents Alzheimer

En Ehpad Alzheimer, la coordinatrice est la personne qui partage le plus de moments avec les pensionnaires. Son métier consiste à sympathiser, faire sourire, et apporter un peu de bien-être aux résidents. Aux côtés de l’animatrice, on ne parle pas douleurs, ni maux, on apprend à vivre mieux.  Les pensionnaires s’ouvrent plus facilement aux coordinateurs de maisons de retraite qu’aux autres membres du personnel, parce qu’ils les voient davantage comme des amis à qui ils peuvent se confier. Ils les voient danser et chanter lors des animations. Ils sentent les efforts fournis par les animateurs pour organiser des activités adaptées et plaisantes.

Le métier d’animateur est complexe

Violette, une animatrice expérimentée nous dresse un bilan de ses fonctions : « les semaines sont rythmées par des activités lectures, ateliers mémoires, jeux de société, chants… Le corps est entretenu par de la gymnastique douce, à l’aide d’un intervenant extérieur. Les soins esthétiques, la coiffure, le jardinage, les ateliers cuisine font aussi partie des activités. Plus ponctuellement, des sorties interrésidences (pique-nique, repas à l’ancienne) sont programmées.« 
Travailler avec des personnes âgées est gratifiant car l’échange que l’on peut créer avec de telles personnes, est de qualité et ce sont des gens attachants qui apportent beaucoup aux autres lorsqu’ils s’ouvrent.

Lorsque ces personnes disparaissent, c’est une perte énorme !

Violette s’exprime sur le paradoxe : « je m’implique dans des programmes personnels, sur des acquis physiques et intellectuels, en veillant à la conservation de la vie sociale. Des projets de soins personnalisés sont réalisés pour intégrer toutes les personnes, sans discrimination, et gérer les aléas de santé. Je travaille en étroite collaboration avec le personnel de la maison de retrait. Dernièrement, nous avons intégré, dans nos activités, plusieurs personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ». Mais ce travail représente certaines difficultés incontournables, « la routine constitue un obstacle à éviter. C’est difficile de voir partir des personnes avec lesquelles on crée des liens. Mon métier comporte beaucoup d’échanges et, dans les moments difficiles de la vie, les résidents m’apportent beaucoup ! ».

Maison de retraite Alzheimer, l’essentiel c’est l’adaptation !

lundi 6 mai 2019

Prenons l’exemple de Marie, 77 ans, qui se voit obligée de s’installer dans une maison de retraite spécialisée, dans le Maine-et-Loire. Evidemment, ses premières journées se passent entre résignation et pâles sourires. En ouvrant la porte de sa chambre, on découvre le « nouveau royaume » de la nouvelle résidente. Une chambre au bout d’un couloir bleu, dans une unité flambant neuve.

Le placement en EHPAD Alzheimer, une décision douloureuse

Pour elle comme pour ses proches, la décision fut douloureuse : «Je n’ai pas eu le choix». Marie a deux enfants. Impossible cependant d’aller habiter chez sa fille (trop de marches dans sa maison). Quant à son fils, il habite au Canada. « Il voulait m’emmener vivre avec lui mais ce n’était pas possible», explique la nouvelle résidente.
Pendant dix-neuf ans, Marie a habité à Loiré, avec son époux. Il est décédé en mars dernier. « Un jour, je suis tombée. J’étais seule. Et je suis restée par terre une nuit entière. Je me rendais compte que je n’étais plus apte à rester seule. Alors le docteur a préféré que je vienne dans une maison de retraite ». Et tout s’est décidé.
C’est donc à 77 ans qu’elle quitte son domicile pour s’installer dans une maison de retraite spécialisée Alzheimer en Maine-et-Loire. Dans son nouveau « chez soi », aucun détail n’est à négliger. Échanger une belle propriété contre une chambre de 22 m²… forcément, ça bouscule. « Ils n’ont pas voulu que je mette la méridienne dans ma chambre », rouspète-t-elle, faute de place.
Dans la salle à manger des Hortensias, un goûter a été prévu pour l’arrivée de la nouvelle résidente.
« Il faut montrer aux personnes âgées qu’elles sont attendues. Qu’il y a de la vie à la maison de retraite. Il faut dédramatiser l’arrivée », souligne le directeur de l’établissement.

« L’entrée en maison de retraite vient signer l’échec du maintien à domicile »

« Parents et enfants le vivent donc comme un effondrement », constate Thierry Darnaud, thérapeute familial dans une équipe mobile de gériatrie au centre hospitalier d’Alès (Cévennes), et auteur de L’entrée en maison de retraite. Pour gérer ce passage en douceur, un moyen existe, outre-Manche. « Les Anglais pratiquent l’hébergement de répit. La personne âgée peut se rendre dans une maison de retraite pour quelques jours ou juste pour dîner. Des habitudes se créent. La rupture se fait progressivement. Et moins douloureusement », ajoute Thierry Darnaud.
De la salle à manger commune, on aperçoit le balcon de sa chambre. « Vous avez vu mes fleurs, comme elles sont belles ? « Doucement, tout doucement, le déclic s’opère. « Je ne pensais pas pouvoir meubler ma chambre comme ça. Et puis, j’ai toutes mes photos ! Finalement… je me sens un peu chez moi»

Maladie d’Alzheimer: La thérapie canine au service des malades

jeudi 2 mai 2019

Parce qu’elle a fait ses preuves en améliorant la qualité de vie des malades Alzheimer, la thérapie canine est aujourd’hui mise en avant. Ainsi, au sein de la maison de retraite Alzheimer, le chien permet de rouvrir les vannes du souvenir et l’envie de communiquer…

La thérapie canine pour lutter contre Alzheimer

Touchant 225 000 personnes de plus chaque année, soit 850 000 malades Alzheimer actuellement en France, la maladie d’Alzheimer a poussé tous les protagonistes à explorer toutes sortes de pistes. Parmi elles, l’amélioration de la qualité de vie des patients, laquelle passe également par la présence, voire l’assistance d’un animal de compagnie. Ainsi, de plus en plus de maisons de retraite spécialisées dans le traitement de la maladie d’’Alzheimer proposent des séances de thérapies canines :
Ces séances sont collectives ou individuelles et se déroulent sous forme de jeux interactifs, portant sur le travail de mobilité, les activités de soins et toucher de l’animal, le brossage du pelage, la reconnaissance des parties du corps et le travail de la mémoire. Ainsi, jouant un rôle social, le chien reste une source et un objet d’affection sans pareil. L’animal ne juge pas, il est toujours disponible, il responsabilise son maitre par les soins et l’attention dont il fait l’objet. Il est apprécié pour son rôle d’apaisement constaté auprès des patients et la récupération de certaines fonctions cognitives ou motrices. Le chien parvient à rouvrir les vannes de la mémoire et l’envie de communiquer.

Retrouver les émotions perdues par Alzheimer


Il oblige à demeurer altruiste, par les soins prodigués, et à s’ouvrir aux autres. Il stimule leur émotivité et leur mémoire, notamment chez ceux qui ont dû hélas se séparer de leur animal au moment d’entrer en maison de retraite. Ils retrouvent ainsi les sentiments et émotions perdus, constate Sabine Alisse, directrice du secteur médico-social à l’hôpital de Marines du Vexin. De véritables ateliers sont mis en place autour de la couleur, de la taille et de l’hygiène du chien, des notions qui renvoient ensuite à ces propres concepts chez les patients qui ont peu à peu perdu leur repère dans l’espace et le temps. De plus, formé comme chien d’assistance pendant 24 mois, il devient alors un véritable guide pour le malade d’Alzheimer, capable de ramener son maître lors du trajet promenade-maison, il l’accompagne ainsi dans sa routine quotidienne et constitue un point de repère précieux. Dans ce but, Robert Kohler, directeur de maison de retraite en Alsace, a fondé une association de chiens visiteurs « 4 pattes pour un sourire », qui permet par le biais de »Handi-Chiens », de rendre sourire et souvenirs à tous ceux qui les avaient perdus depuis trop longtemps. Victimes de cette dégénérescence cérébrale qu’est la maladie d’Alzheimer avec pour conséquence directe la difficulté à communiquer avec l’extérieur, les pensionnaires renouent grâce à cette thérapie canine avec le monde extérieur. Et donc avec la vie.

Le blog des maisons de retraite Alzheimer
Le numéro de www.maison-de-retraite-alzheimer.fr
photo de maisons de retraite Alzheimer