Constat: la plupart des demandes d’admission en maison de retraite concernent des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou de maladies assimilées

Pénurie de médecins dans l’Allier.
Marie-Christine Brunel est déléguée territoriale de l’agence régionale de santé… Elle s’inquiète du déficit de médecins dans l’Allier. Elle évoque aussi le vieillissement de la population.

L’agence régionale de la santé vient de publier un document important : portraits de santé : l’état des territoires d’Auvergne. Qu’est ce qui en ressort ?
Le premier enseignement, c’est la démographie qui est préoccupante du point de vue de la santé publique. On le sait, on a une population qui a tendance à diminuer depuis quelques années, même si les dernières tendances sont plus optimistes. Mais surtout, on a une pyramide des âges très préoccupante. La part des personnes de plus de 75 ans est de 12,7 % à Montluçon, 11,8 % à Moulins, et 13,1 % à Vichy… C’est-à-dire bien au-dessus de la moyenne régionale (10,7 %) et très au-delà de la moyenne nationale (8,5 %).

Qu’est ce que cela implique en termes de santé ?
Il faut voir si notre système de prise en charge des personnes âgées est adapté à cette réalité démographique. À Moulins et à Vichy, le taux d’équipement en hébergement pour personnes âgées dépendantes est légèrement supérieur à la moyenne nationale. À Montluçon, il y a un vrai déficit qui devrait être en partie comblé avec les projets de maison de retraite de Lavault-Sainte-Anne et Desertines.
On se rend compte aussi que la plupart des demandes d’admission en maison de retraite concernent des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer ou des maladies assimilées. Il faut pouvoir offrir une meilleure prise en charge de ces personnes. La création des unités Alzheimer est en cours, cela prendra un peu de temps.

L’autre fait marquant, et un peu inquiétant, c’est la démographie médicale. Les médecins bourbonnais, eux aussi, vieillissent… Aura-t-on suffisamment de médecins dans 10 ans ?
C’est une question très délicate qui nous préoccupe tous : services de l’État, Région, Département, communes, etc… À regarder cette étude, la situation ne semble pas aussi critique qu’elle l’est en réalité car les chiffres sont donnés par bassin : Moulins, Vichy, Montluçon. Cela masque une concentration de médecins dans les agglomérations au détriment des cantons les plus isolés. À Dompierre par exemple, il y a 4 ou 5 ans, il y avait 5 ou 6 médecins, il n’y en a plus que 2 aujourd’hui… C’est le cas dans beaucoup de communes.

Les médecins doivent être totalement dépassés…
Oui, quand, dans certaines communes, ils étaient plusieurs médecins, et que 2 ou 3 collègues partent à la retraite ou déménagent, pour ceux qui restent, la situation est difficile. Ils se retrouvent avec une clientèle importante, à devoir travailler plus de 12 heures par jour. À cela, il faut ajouter la permanence des soins, les gardes si vous préférez, qui reviennent plus souvent… L’étude révèle qu’environ la moitié des médecins de l’Allier a plus de 55 ans. Arrivés à un certain âge, certains médecins sont aussi moins en forme, et sont donc moins enclins à travailler autant.

Que faut-il faire alors ?
Plusieurs initiatives ont été lancées pour enrayer ce phénomène. Il y a bien sûr l’initiative du conseil général, appelé Wanted, qui vise à convaincre les jeunes médecins à s’installer dans le département de l’Allier en leur offrant une bourse. Il y a aussi toutes les initiatives des élus locaux dans les communes qui cherchent désespérément un médecin. Certains mettent toutes les chances de leur côté en proposant des maisons pluridisciplinaires de santé, en proposant des logements à moindres coûts aux jeunes médecins, etc…

Pourquoi ces jeunes médecins ne veulent pas s’installer ?
La plupart ont étudié longtemps dans les grandes villes, à Lyon, Clermont ou Paris… Ils ont pris goût à la vie urbaine, aux loisirs, aux sorties et se voient assez mal dans un petit bourg dans le costume du médecin de campagne. Je crois aussi que la sociologie des médecins a évolué. Il y a un peu plus de femmes, qui tentent de concilier vie de famille et vie professionnelle, qui ne veulent donc pas travailler seule.

Les maisons de santé pluridisciplinaires sont une réponse à leurs attentes ?
Les jeunes médecins ont envie de garder un peu de liberté et de ne pas se laisser dévorer par le travail : ils veulent pouvoir prendre des vacances comme tout le monde. Pour toutes ces raisons, ils sont attirés par les maisons de santé pluridisciplinaires, où plusieurs médecins cohabitent, avec des infirmières, des kinés, des dentistes, etc. C’est donc une première piste. La première maison de ce type vient d’ouvrir au Donjon. D’autres sont en projet à Lapalisse, à Dompierre, à Souvigny, et bientôt sûrement à Chevagnes et à Ainay-le-Château. Deux pôles de santé se dessinent aussi à Saint-Pourçain et à Gannat. C’est une très bonne chose pour attirer les jeunes médecins et pour garder ceux qui sont là. Une autre piste consiste à proposer des stages de quelques mois aux jeunes internes chez des médecins généralistes en zone rurale… Ils découvriraient ainsi la réalité du métier, ses difficultés et aussi toutes ses richesses.

Source: la Semaine de l’Allier

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