Alzheimer: « Un temps pour supporter l’annonce, puis un temps pour accepter la maladie »

Comment réagir lorsque l’on apprend que l’on est atteint de la maladie d’Alzheimer ? Le choc passé, certains vont se réfugier dans le déni de la maladie, d’autres s’accrocheront à chaque instant de vie, tandis que dans certains cas extrêmes, on peut redouter des tentatives d’en finir au plus vite…Des spécialistes expliquent pourquoi il faut effectivement un temps pour supporter l’annonce, puis un temps pour accepter la maladie.

Chaque cas est unique, et chacun mérite d’être respecté. Y compris dans son refus, parfois, d’admettre que l’on est un malade d’Alzheimer. « La résistance à accepter ce diagnostic peut-être une manière de chercher à se conserver, explique le professeur Jacques Gaucher au cours d’un débat organisé à l’occasion des 6èmes rencontres de France-Alzheimer, cette attitude est anti-dépressive, il faut donc la respecter. Il ne s’agit pas d’un refus caractériel. »

D’autant que la capacité à intégrer une telle annonce, dépend également, non seulement de son état de santé au moment du diagnostic, mais aussi de son parcours personnel.

Ainsi, il sera d’une certaine façon « plus facile »par exemple, pour un jardinier d’apprendre qu’il pourra tout à fait continuer son activité, et même organiser des ateliers de groupe dans le cadre d’un jardin thérapeutique auprès d’un accueil de jour Alzheimer ou au sein d’un Ehpad, que pour un intellectuel qui aurait fait une brillante carrière dans le domaine des lettres, de la politique ou autre et qui recevrait la nouvelle comme une véritable fin en soi: « Chez les intellectuels, ce qui a épanoui et donné une place dans la société, s’effondre… »

Parfois un tel bouleversement peut conduire à des drames, et des tentatives de suicide. Certains se retrouvant à la sortie du cabinet médical, désemparés, au coin d’une rue, seul sur un trottoir, écrasé par le poids d’une telle nouvelle.

Raisons pour lesquelles l’entretien d’annonce du diagnostic, généralement chez le neurologue, doit prendre en compte de manière très scrupuleuse l’ensemble de ces paramètres.

Un entretien, considéré comme un acte médical en soi, entièrement dédié au patient et à l’aidant, et qui doit intervenir au moment approprié: « Mieux vaut dans certains cas attendre un peu » estime un spécialiste, « Il faut trouver le tempo approprié selon les personnes et « énoncer » le diagnostic en demandant si les gens connaissent la maladie afin de connaitre leur représentation » estime pour sa part Catherine Thomas-Anterion, neurologue.

Expliquer, préparer, accompagner et soutenir le patient et l’aidant font partie des prérogatives instaurées par le plan d’aide et de soins personnalisé dont doit pouvoir bénéficier chaque malade d’Alzheimer. Et l’on constate généralement que plus le diagnostic est précoce, plus la personne concernée aura à cœur d’organiser son avenir.

Ainsi, une dame confie comment elle a pu expliqué à ses proches qu’ils pourraient prendre la décision, le moment venu de la faire entrer dans un établissement: « J’anticipe la situation afin qu’elle soit un souci de moins pour eux… »

Pour en savoir plus sur les 6èmes rencontres France-Alzheimer, rendez-vous sur le site de l’association: www.francealzheimer.org

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