Alzheimer: Pour ou contre un diagnostic précoce ?

Telle est la question récurrente posée par le collège national des généralistes enseignants à la Haute Autorité de la Santé. D’un côté, on estime qu’en l’absence de traitement permettant une guérison de la maladie d’Alzheimer, un diagnostic précoce n’est pas vraiment utile, de l’autre on le recommande. Car un tel diagnostic entraine, bien évidemment, une prise en charge médicale et psychosociologique adaptée dès lors que la personne présente des troubles cognitifs légers.

Pour résumer les choses de manière très simpliste, on pourrait opposer deux dictons populaires: « Un homme averti en vaut deux » contre « Toute vérité n’est pas bonne à dire ».

Or, si l’enjeu n’était pas si important: la maladie d’Alzheimer concerne d’ores et déjà plus de 800 000 personnes en France, affecte des millions de familles avec des aidants souvent épuisés et désemparés, et les traitements médicamenteux ainsi que les différentes thérapies dont on dispose à l’heure actuelle, permettent, certes non pas de guérir d’Alzheimer, mais de stabiliser voire de ralentir la progression de la maladie.

Dans de telles circonstances, il semble plus opportun de donner une priorité à l’action plutôt qu’à la philosophie, toute éthique soit t-elle.

Pour l’ensemble des malades, de leurs familles, et des associations France-Alzheimer, le diagnostic précoce est une évidence, son utilité n’est plus à démontrer.

En effet, plus tôt diagnostiquée la personne peut mettre des mots sur sa souffrance. Elle n’est plus l’objet de son imagination, pas plus que ses troubles de la mémoire, de la concentration, de l’équilibre et de l’orientation, ne sont liés à son âge, plus ou moins avancé.

Un véritable plan de soins peut-être entrepris. Selon le stade, à laquelle la personne se trouve, léger ou modéré, un traitement médicamenteux précis sera apporté, en surveillance constante avec le neurologue afin d’en évaluer son efficacité et le modifier au besoin, en cas d’effets secondaires importants.

Pour l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (ASSAPS) chargée de l’évaluation constante de tous les médicaments autorisés sur le marché, le rapport bénéfice-risque a toujours été favorable aux patients Alzheimer.

S’il existe des cas pour lesquels le traitement s’est avéré inefficace, voire nuisible du fait de trop grands effets secondaires, on peut supposer qu’en l’absence de tout traitement ou de tout suivi médical, en raison d’une ignorance totale de la maladie, la situation du patient n’aurait pas forcément été meilleure…

A contrario, s’il y a un risque, fut-il le plus minime possible, de tenter d’améliorer la qualité de vie de la personne diagnostiquée Alzheimer, alors comment ne pas le prendre ? Et le plus tôt possible…

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