Alzheimer. «Les aidants n’ont pas à avoir honte»

La première formation châteaulinoise aux aidants familiaux de malades d’Alzheimer a atteint son but principal: soulager. Moralement et physiquement. Un bien-être salutaire qui sera à nouveau administré à l’automne.

«Au début, la formation comptait 14 inscrits. Onze personnes se sont rendues à la première séance et finalement, huit ont participé régulièrement aux huit séances, d’octobre à décembre2008», détaille Catherine Benoît, coordinatrice du Clic (1) à la Maison de l’emploi. Pas très intéressante la première formation aux aidants familiaux de malades d’Alzheimer du Pays de Châteaulin? Si ce n’était que cela. Ces défections successives révèlent un problème beaucoup plus grave: «Leur situation les accapare tellement qu’ils en oublient leur propre vie. Le lien social se coupe, le sentiment de solitude s’insinue. Le stress, chronique, peut engendrer la dépression. Puis le décès». Enchaînement dramatique décrit par Brigitte Guéguen, coordinatrice de l’Udarpa 29 (2), qui s’assombrit encore d’une terrible statistique: «38% des aidants familiaux décèdent avant le malade d’Alzheimer dont il s’occupe».

Aucun jugement

Deux participantes à la première formation opinent gravement. L’anticipation permanente des besoins du malade qui occultent les siens, l’agressivité, les coups parfois, «l’acceptation de beaucoup de choses au nom de la maladie»: ils les ont subis ou en ont frôlé les dangers. «La culpabilité du placement aussi», ajoute celle qui s’est résolue à placer sa belle-mère après huit années d’un dévouement usant. Précisément, la première vertu de la formation aura été d’annihiler ce malaise psychologique parfois entretenu par le reste de la famille: «J’ai apprécié de ne pas être jugée pendant cette formation que j’appréhendais pourtant. Nous pouvions parler librement, bénéficier de ce soutien mutuel, se poser les bonnes questions sur sa vie. Devenir capable de passer le relaiset ne pas en avoir honte».

Groupe de parole

Si elles émettent un petit bémol concernant la justesse de la formation – «un peu courte» – les deux témoins en conserveront beaucoup de positif. La preuve: elles continuent d’échanger chaque semaine au sein d’un groupe de parole, constitué à la Maison de l’emploi. «C’est une maladie. Il faut se faire aider», recommande Brigitte Guéguen. L’Udarpa, le Clic et le conseil général tendent d’ailleurs à nouveau la main. Une nouvelle session (de sept séances) animée par une gériatre du CHU de Brest, un psychologue, une ergothérapeute, une diététicienne et autres professionnels de santé se déroulera à l’automne. À l’attention des aidants familiaux de la CCPCP et du Pays Glazik. Le prix de la formationest de 15 €, bien peu au regard de l’inestimable gain de vie qu’elle peut apporter en retour.

(1) Centre local d’information et de coordination gérontologique. (2) Union départementale des associations des retraités et personnes âgées. Pratique Renseignements et inscriptions au Clic (Maison de l’emploi) au 02.98.16.14.25.

Source: Le Télégramme

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